21.1.21

Aléas des Transports

Autre problème  en période de pandémie pour cet Eurovélo 3, certains pays ont émis des réserves vis à vis de leurs voisins  notamment la Norvège et le Danemark qui imposent une quatorzaine  aux personnes venant de Suède.  Pour la Belgique et l'Espagne, il est conseillé de s'informer auprès des ambassades.  


 

Le vélo est prêt, le cycliste un peu moins avec 500 kms d'entraînement . L’équipement du vélo a tardé avec le  retard dans les livraisons dû au confinement. Le problème va se poser pour la selle en cuir qui n'est pas rodée et qui est dure comme du bois. 





Les billets d'avion étant réservés, je suis donc parti en sachant que ce voyage pouvait s’interrompre à tout moment.

Le vélo pèse 17 kg et les bagages 11 kg. Vêtements et bivouac sont répartis dans 2 sacoches , un petit sac de 25 l et une sacoche de cadre.

 Figari. Il fait plus de 34° quand je prends l’avion en début d’après-midi  avec vêtements chauds et veste de pluie sur le dos pour ne pas dépasser les 23 kgs autorisés. Pour alléger la housse, j'ai aussi démonté des pièces du vélo afin de les passer en bagage cabine mais voilà,  l'agent de sécurité  n'accepte pas le pédalier, l'outil multifonction même si la lame est inférieure à 6 cm et le tube de selle. Excès de zèle ou pas,  je dois passer mon sac de cabine en soute avec un supplément de 70€, tarif Air Corsica.

Destination Orly, puis RER jusqu'à Roissy.




Autre problème  en période de pandémie pour cet Eurovélo 3, certains pays ont émis des réserves vis à vis de leurs voisins  notamment la Norvège et le Danemark qui imposent une quatorzaine  aux personnes venant de Suède.  Pour la Belgique et l'Espagne, il est conseillé de s'informer auprès des ambassades.  

Les billets d'avion étant réservés, je suis donc parti en sachant que ce voyage pouvait s’interrompre à tout moment.

Le vélo pèse 17 kg et les bagages 11 kg. Vêtements et bivouac sont répartis dans 2 sacoches , un petit sac de 25 l et une sacoche de cadre.

 Figari. Il fait plus de 34° quand je prends l’avion en début d’après-midi  avec vêtements chauds et veste de pluie sur le dos pour ne pas dépasser les 23 kgs autorisés. Pour alléger la housse, j'ai aussi démonté des pièces du vélo afin de les passer en bagage cabine mais voilà,  l'agent de sécurité  n'accepte pas le pédalier, l'outil multifonction même si la lame est inférieure à 6 cm et le tube de selle. Excès de zèle ou pas,  je dois passer mon sac de cabine en soute avec un supplément de 70€, tarif Air Corsica.

Destination Orly, puis RER jusqu'à Roissy.


J’ai passé la nuit à Roissy dans le hall avec d'autres personnes en transit. Les banquettes sont faites de manière à ce qu’on ne puisse pas s’allonger et des agents patrouillent en vérifiant si nous portons tous le masque. Je passe du temps à refaire la housse vélo qui fait 23,5kg.  J'enregistre à 11 h,  l'agent me dit que les sacoches attachées au vélo ne passeront pas mais il accepte les 23,5kg.  Aux bagages spéciaux, son collègue  accepte le tout sans difficulté. 



Après une escale de 3 heures à Amsterdam , j'arrive à Trondheim à 22h50. A la récupération des bagages, je m'aperçois  que la housse du vélo  est arrachée  dans le bas tout comme  une sangle de sacoche  qui a dû servir de poignée. Quand je remonte le vélo, il me manque l'attache rapide de la roue avant et le couteau de camping. Je déambule dans le hall des arrivées, il n'y a personne, j'ai l'impression que l'aéroport a été évacué, le snack a bien les grilles baissées mais les présentoirs sont restés  dans le hall avec glaces, sandwichs  et journaux.

Au lever du jour vers 4h, je vais traîner  dans le parking où je trouve la pièce qu'il me manque sur un vieux vélo.


Norvège

Etape 1 jeu 06/08        Trondheim aéroport _ Lundamo     82 kms


Mes premiers kilomètres en Norvège , je dois en parcourir 15 pour rejoindre Trondheim.  Il pluvine et fait 9 degrés. Avec seulement quelques heures de sommeil  ces dernières 48h, je  comprends ce qu'est sortir de sa  zone de confort.


Trondheim s'éveille



Torvet, la grand place avec mon premier Mc Do pour le petit déj , la connexion Internet  et ne pas être totalement dépaysé.


lieu de pèlerinage des scandinaves depuis Oslo sur 650 km


Cathédrale  de Nidaros 

Lieu de pèlerinage des scandinaves depuis Oslo à 650 km.

Près de la cathédrale, j’ai trouvé l’endroit où faire tamponner ma crédencial qui me donnera accès aux auberges pour pélerins. Je suis accueilli par le responsable qui m’offre le café et me souhaite bonne route.  




Avec le soleil qui apparaît en milieu de journée, le moral est au beau fixe. Je campe à Lundamo, pas de douche chaude mais il y a du soleil et j'ai du temps pour monter la tente, le soleil se couche à 22h30.




Etape 2-ven07/08       Lundamo _ Skjerve     90 kms à 14 km/h


Première nuit au camping. Il fait nuit noire de 23 h  à 4h.  Le masque de nuit  trouve toute son utilité.  Par contre , les sandales, avec la rosée du matin, ne sont pas adaptées. Vive les Crocs!




Depuis que j'ai quitté Trondheim, le balisage
 de l'Eurovélo  est quasi inexistant.  A l’approche des bourgs, il y a des pistes cyclables  pour desservir  les villages alentour, sinon le tracé qui évite la route principale  me fait emprunter des pistes en gravier sinueuses et au relief accidenté. 


 


       
Il n'y a pas de camping sur le tracé. Je finis par trouver une maison abandonnée à Skjerve avec un perron couvert et un vieux canapé  qui a peut-être  été mis dehors à  cause des punaises, je verrai bien demain.

²
Premier bivouac

Etape 3-sam08  Skjerve _ parc du Dovrefjell      80kms à 13km/h

Je quitte un paysage de colline pour attaquer la moyenne montagne et longer le parc du  Dovrefjell. 

 
Toute la journée va être en faux plat montant, contre le vent mais avec un  beau soleil. 


Je m’arrête au milieu de nulle part (62.282, 9.599) pour y  passer la nuit . 
Il y a déjà 3 camping-cars et je me suis installé entre la route et le torrent.



Avec du produit vaisselle bio , bien sur !


Ah, si j'avais eu de l'Eau de javel pour pêcher la truite ou mieux le saumon.

Je n'ai aucun réseau mais je n'y perds pas au change.

Etape 4-dim09   parc Dovrefjell _ Sanbumoen   92 kms à 18km/h

Comme j'étais à 1000m d'altitude et que  la nuit risquait d'être fraîche ,  j'ai porté  tout ce que j'avais  en vêtements avec 2 paires de chaussettes. Une de trop, quand le pied est trop comprimé, le sang circule mal donc pieds froids toute la nuit.



Le matin, paysage de montagne avec de la neige. L’hiver, cette route est empruntée en convoi avec un chasse-neige qui ouvre la route.


 Je vais redescendre tout ce que j'ai monté la veille pour me retrouver dans la vallée.. A midi, je me suis aperçu qu'un rayon avait arraché la jante arrière, la roue est méchamment voilée. 

Mélancolie du dimanche après-midi

 Dimanche après-midi , avec  la circulation des retours de week-end, parfait pour me faire oublier que je suis seul sur le vélo alors que la famille est peut-être devant un barbecue mais avec 35° à l'ombre, ce qui me console.


A Dombas, un réparateur de ski m'a donné une rondelle que j'ai bricolée le soir au  Saeta camping  à Sanbumoen (Otta). Si ça peut tenir jusqu'à  Lillehammer où je devrai changer la roue.

 


Tout est bon pour faire sécher le linge humide de la rosée du matin, même le bungalow du voisin


Etape 5-lun10/08      Sanbumoen _Tretten       87kms à 14km/h


Mal dormi à moins de 100m de la grande route, de la  rivière et de la voix ferrée (c'est la vallée).

En partant, le propriétaire du camping vient me voir et  propose de me conduire chez un réparateur mais il faut revenir en arrière, je lui explique que je vais tester le vélo  et au cas où ça casse je reviendrai.


Parcours très roulant, je descends la vallée. 

L'après-midi, c'est l'horreur et il me revient à l'esprit ce que m'avait dit le responsable de la maison des pèlerins. Entre Sagebu et Tretten,  c'étaient les montagnes russes avec des routes en terre.





La ligne de train qui relie Oslo à Trondheim, 500 km en 7 h



Eglise en bois debout


Je mange toujours la même chose avec du pain en sachet qui m'occasionne des brûlures d'estomac, du salami danois et un soda au goût de pomme qui ne doit

 pas arranger les choses. Heureusement, pour le soir, j’avais emporté des nouilles chinoises et de la soupe en sachet qui améliore l’ordinaire.



Au supermarché,  je ne vois pas de caddies pleins. A 3,90€ le 1,5 l de coca et à  4,40€ le kilo de tomates, les billets défilent. Ma prochaine envie, une boîte de 6 œufs que je vais finir par trouver et du vrai pain découpé à 4,90€. 


Les campings sont vides , certains ferment le 15 août pour rouvrir en hiver. Ils sont donc équipés de cuisine  et parfois de salle commune avec télévision.




















J’ai enfin acheté des œufs et je trouve un camping 10 € à  Tretten pour caravane, pas de réception mais un numéro de téléphone et un QR code. Une résidente va téléphoner au responsable pour moi et régler avec son portable.

Deux fois en une journée, les temps changent, c'est la 1ère fois depuis mon arrivée en Norvège que je ressens autant de sollicitude. Le norvégien est complexe mais mon anglais s'améliore.

C'est aussi le premier jour où je ne tortille pas du cul sur la selle en cuir, j'en suis à 923 kms, le fabricant en  avait prévu mille avant qu'elle se fasse.

Demain Lillehammer en coup de vent, il me reste 160 km jusqu’à Oslo et après bonjour le plat pays.


Etape 6-mar11/08         Tretten _ Kapp          97 kms à 14km/h

Certaines traversées de communes avec un attrait touristique sont à péage pour les automobilistes  tout comme  les  particuliers qui proposent  la  traversée de  leurs terres moyennant une petite somme d'argent  destinée à l'entretien des pistes et  que l'on  met dans une boite aux lettres.


Arrivée à Lillehammer


 


La Storgata

A Lillehammer,  j'ai trouvé un petit  atelier de réparation anonymous  après être allé chez Intersport où un vendeur espagnol me l'avait indiqué.  . A nine hundred mon cœur a palpité, je réalise que c’est en couronne , il faut diviser par 10 pour les € soit 90€ + 30 € de main d'œuvre. Affaire conclue à 13 h, j'ai ma roue. 




Le réparateur prend mon vélo en photo, une relique de chez Specialized qu'il postera sur Instagram 



Je vais au Mc Do me prendre un menu, ça change du pain-salami-tomate.


Piste cyclable
Pistes de saut


L'après-midi, je me retrouve sur une piste qui longe la route principale puis plus de piste alors je me retrouve à circuler sur la route à gros trafic ne sachant pas si j'ai le droit d'être  là.  C'est toujours aussi mal balisé.  Quand je retrouve un balisage, ce sont des petites routes qui desservent les villages c'est à dire monter, descendre et en fin de journée,  les jambes ne répondent plus à tel point que les montées se font à pied.



Pour me rapprocher d’Oslo, je vais au camping Hekshusstranda de  Kapp au bord du lac que je longe depuis 50 km. C'est un camping pour mobil home et il me propose une cabine kitter à 40 €, ça finit par se régler avec un petit coin de pelouse à   15€.  Quand je regarde la carte je m'aperçois que je me suis trompé.  Demain 7 km de plus pour rien. A la réception du camping je flashe sur un magnum norvégien, il est à la vanille avec des grains de réglisse et marbré  du même parfum, pas terrible.

C’est un camping familial, au bord du lac et c'est la première fois que je vois autant de monde dehors passé 20h sinon il y a  de jolies maisons ensoleillées avec jardins  mais pas âmes qui vivent. Ici, il y a une plage avec des enfants et les parents qui se baignent. J'en fait de même mais l'eau est glacée, peut-être 13 ou 14 degrés  pas plus. J’y suis allé  2 mn mais à quel prix . PAS DE WI-FI 




Etape7-mer12/09             Kapp  _ Harestua         98 kms à 14 km/h


Réveil sur le camping et le lac endormis, il est 7 h, je me fais un café  que  je   savoure. Je commence à avoir l'habitude de ranger le bivouac et en 1h1/2 je suis prêt. Je sais où mettre chaque chose dans les sacoches mais aujourd’hui il n'y avait pas de rosée. 




La route est  nettement moins   vallonnée et la foret   a  laissé  place aux cultures céréalières  . Je retrouve les paysages  de  la Picardie maritime . 


Aujourd'hui, je n’ai pas trop forcé, fatigue oblige, car il me reste 135 km jusqu’à Oslo où j'espère prendre le bateau. Le passage par la Suède est compromis, les danois appliquent la quatorzaine à leur frontière commune.  

J'ai pris l'habitude des routes et des signalisations. En effet, il n'y a pas toujours de pistes cyclables et parfois la route devient voie rapide sur 10 km ce qui m’oblige toujours à des déviations pas les collines. N'ayant à ce jour jamais vu de gendarme norvégien, je me risque donc sur des routes qui ne me sont pas toujours permises.

J’ai remarqué que les voitures me doublaient avec un écart plus grand   quand le feu rouge fixé à la selle clignotait . 




Je suis à 27 km d'Oslo et il n'y a pas de camping. Je me retrouve à planter la tente au bord d'un lac à Harestua où  je pique une tête   dans une eau  qui est plus près des 20 que des 14 d'hier. Inconvénient, les moustiques attaquent mais l’endroit est magnifique.


Mon quotidien alimentaire





Etape 8-jeu13/08      Harestua _ Reistad     85 kms



Réveil dans le brouillard. 

J’évite le tracé conseillé qui me fait emprunter un dédale  de piste   en terre au milieu de bois  et de lacs. 
Je rejoins Oslo par les pistes cyclables






Dans Oslo je vais faire tamponner mon crédenciale puis je trouve un Mc Do avec connexion pour comprendre que je ne quitterai pas la Norvège aujourd’hui . 


Parlement Oslo-Stortinget

Centre ville interdit aux voitures



le palais Nobel
La solution est de faire 150 bornes de plus pour embarquer. Je reprends la route de suite, le temps de prendre une photo du palais Nobel. 






Quand je quitte Oslo c'est la débandade de  fin de journée  et je me retrouve noyé parmi  les cyclistes qui sortent  du travail, je dois aussi sortir de la ville ,il y a bien des pistes cyclables mais aux  intersections il faut slalomer, passer dans des tunnels, contourner les ronds points et c'est justement à l'un d'entre eux où je dois prendre a gauche, je mets mon bras pour le changement de direction ,quand je m'engage , l'automobiliste démarre au même  moment. Il heurte la sacoche gauche ce qui me propulse à droite sur  le trottoir. C'est la chute, je me vautre et le vélo se retrouve à terre.  J'ai  le coude et le genou éraflés,   le vélo  a perdu la roue avant. L'automobiliste vient me voir, désolé, il m'aide à remettre la roue avant qui ne veut  pas s’emboîter, la fourche est légèrement pliée. Pendant ce temps au rond point les voitures s'impatientent. Il saisit l'occasion pour me laisser en plan . Un cycliste s'arrête pour me proposer son aide et m'indique un réparateur  Anonymous (autoentrepreneur comme celui de Lillehammer, il n’ont pas le droit de mettre le nom de leur spécialité alors il accroche une roue de vélo à leur façade ). Je m'installe sur un parking pour détordre la fourche, je remets la roue tant bien que mal. 
J'arrive à quitter Oslo pour descendre vers le sud.


Sur  la carte  , il n'y a pas de camping. Je passe la nuit à Reistad juste avant Drammen dans un parc interdit au camping  . J'installe la tente juste avant la nuit et à 7 h je suis parti non sans  avoir  tenter de dévoiler la roue neuve qui a aussi souffert dans le choc de la veille.




 Etape 9-ven14/08                      Reistad _ Larvik



 Journée exclusivement vélo en espérant avoir un bateau  pour  le lendemain. 

Le terrain est moins accidenté mais toujours très vallonné avec beaucoup de pâturages où viennent se poser   des volées d'oies sauvages. 


J’arrive à Larvik au Gon Camping à 20€ sans connexion Internet.


Etape 10-sam15/08        Larvik _ Hirtshals       44 kms


 Le camping est au bord de l'eau et à 8h je vois passer un ferry qui aurait pu être le mien. A la gare maritime, il n'y a pas de bateau avant 17h30 pour le Danemark.

Sur internet, je réalise que l'autre compagnie maritime est à  Langesund   avec un départ à 14h30, problème c'est à 40 kms de là, 40  kms norvégiens.


 J’ai enfin mon billet pour le Danemark pas mécontent de quitter la Norvège  qui m'aura fait comprendre que ses paysages se méritent.



Je retiendrai  les routes extrêmement physiques pas toujours balisées , les prix exorbitants de la nourriture, des campings sans parler des habitants qui ne sont pas de grands bavards et surtout en ayant l'impression d'avoir été  seul comme cyclo randonneur. 


Sortie du fjord
  



Arrivé au Danemark, je trouve un camping près de la mer à Hirstshalls et je finis toutes les cochonneries sucrées/salées qui m’ont manqué pendant 10 jours et que  j’ai acheté au duty-free du bateau.

Norvège clap de fin